Un geste cynique contre une vie entière de souffrances ...  (Témoignages) posté le dimanche 29 novembre 2009 03:55

abus sexuels, conséquences, abandon, douleurs, pédo-criminels, souffrances, victimes

 

L'exemple du Mitterrand et celui du Polanski doivent faire réfléchir mais les journaux sont pleins de cas similaires... Curieusement, les gens ne se demandent pas ce qu'il advient du quotidien des victimes : problèmes scolaires, problèmes relationnels, problèmes de dépendance, sentiments de honte, d'abandon, complexes de rejet, ressentis constamment douloureux, échecs professionnels, échecs sentimentaux, décalage entre la vie sociale et leur réalité d'êtres chosifiés, difficultés à aimer, difficultés à élever leurs enfants, tentatives de suicides, dépressions chroniques, errance, éventuellement prostitution (80% des prostitués), sans domicile fixe : un instant de satisfaction cynique chez le criminel (ou assujettissement de la victime par le pouvoir, les coups et la peur constante) donne une vie d'enfer à l'enfant qui, encore ingénu, ne saisit que très lentement le purgatoire qui l'attend dans toute son évolution d'être humain... Souvent, il pardonne sans savoir ou il est forcé de se taire ce qui entraîne en lui, de façon irréversible une lente destruction intérieure.

Boris Cyrulnik, autobiographie d'un épouvantail, Odile Jacob – ISBN 978-2-7381-2165-3
Chapitre III (Les perroquets de Panurge) Page 186 – On ne devient pas normal impunément:

"On ne devient pas normal impunément (E.Ciorant 1995). Cela coûte même assez cher. Quand on arrive au monde, on pourrait être tout mais, pour devenir quelqu’un, il faut renoncer à tous les autres qu’on aurait pu devenir. Par bonheur, les troubles de la mémoire aident à la construction du Moi.

"Quand survient un trauma, quand une contrainte extérieure nous fracasse, l’agonie psychique se transforme en étoile noire qui oriente désormais la poursuite des développements : «J’aime pas le passé, c’est trop difficile, d’abord le passé simple, ça n’existe pas, il n’y a que du passé compliqué !» (Témoin anonyme « S» cité dans « Enfants placés et construction d’historicité» de C.Abels-Eber 2000)

"Tous les enfants blessés ont peur du passé. Le fracas n’est pas pensable, il faut percevoir le danger pour le fuir ou s’immobiliser et, surtout, ne pas penser pour ne pas souffrir. Quand le coup est immense, toute mémoire fait revenir la souffrance du coup (« Je ne pense qu’à ça, la moindre banalité rappelle la blessure passée. Dans la journée, les images de l’horreur reviennent et, la nuit, elles resurgissent dans mes cauchemars. Je suis prisonnier de mon passé. Je ne pense qu’à le fuir et je n’y parviens pas.»).

"Cette réaction altère la représentation du soi. (« Mon histoire démarre mal. A l’origine de moi, il y a un trou noir, une escarre, une partie morte de mon psychisme, comment pourrais-je raconter mon histoire ? Comment vais-je organiser ma vie autour d’une escarre ? Quand j’ai peur de me représenter mon passé parce qu’il y a dans mon histoire une tragédie angoissante, je sens naître en moi un sentiment de désespoir qui imprègne mes rêves d’avenir.»)

"La première mémoire est celle du corps, elle est faite d’empreintes et non de souvenirs… Les traces cérébrales créent des circuits neuronaux qui renforcent une aptitude à percevoir certaines informations et à en négliger d’autres. Nous ne nous rendons même pas compte que le monde que nous connaissons est celui que nous percevons le plus facilement parce que les empreintes précoces nous y ont rendus particulièrement sensibles.

"Quand on a toujours été malheureux, on ne peut même pas imaginer le bonheur : on souffre, c’est tout. Alors, on devient attentifs à tous les malheurs du monde. Ça remplit notre monde intime, ça alimente nos ruminations douloureuses..."

De mon ami Victor Khagan  

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Tous les commentaires de l'article:
Un geste cynique contre une vie entière de souffrances ...

  • colinearcenciel dim 29 nov 2009 23:49
    Merci à tous les deux pour votre amitié
    Coline

  • therese dim 29 nov 2009 19:21
    Les gens ont du mal à être conscient de la souffrance des victimes, souffrance à vie.
    Bien souvent cela crée un mal être chez eux.
    J'ai des ami(e) qui disent ne pas lire les articles de Catherine sur sa souffrance car cela leur fait du mal.
    Mais si cela leur fait du mal ils devraient penser à la souffrance éternelle des victimes qui est beaucoup plus forte que la leur.
    Mais la plupart des gens sont tellement égoïste et ne pensent qu'à eux et donc fermer les yeux et se boucher les oreilles est pour eux la solution.

  • stopalinceste dim 29 nov 2009 18:42
    un tres beau ecrit qui dit bien se que l'on nes.
    je vous embrasse mes amis

  • Victor Khagan mailto

    dim 29 nov 2009 17:30

    Peu à peu, ENSEMBLE, nous cernons le message à médiatiser pour secouer l'inertie du monde alentour du crime "qui fait taire".
    Je vous embrasse cordialement.


 

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