Symptomatiques

La marque de l'inceste: Mélancolie  (Symptomatiques) posté le jeudi 20 août 2009 22:06


Je pose ici les mots d'un anonyme que mon amie Lydia a découvert et qui parlent tant aux victimes.
J'en fait le partage ici.

Je suis né, je suis allé vers l’âge d’homme et je m’achemine désormais péniblement vers la fin de ma vie sans avoir rien connu d’autre qu’un vague et profond sentiment de perte et d’exil. Depuis quand, je ne me souviens plus, chaque chose que je vois et que je trouve belle - la chose la plus insignifiante parfois - me donne envie de mourir. Je pense parfois que c’est pour qu’elle ne soit pas détruite ou que je ne la perde pas. Je pense d’autres fois que c’est invivable pour moi, cela, ce moment de plaisir.

C’est ainsi, j’arpente la sortie noire du paradis perdu, oui, je suis un mélancolique. On m’en a dénié le droit pourtant. "Mon" psychiatre - on se les approprie si bien d’amour et de haine - me dit un jour que si j’étais mélancolique, je n’en n’aurais rien à fiche d’abandonner les miens en commettant l’acte suicidaire. Il faut dire que j’ai du souci de ce côté-là. Les terribles épreuves en cascade qui ont presque fait disparaître entièrement ma famille de la surface du monde, à tel point que le récit en serait peu crédible et que je le tairai, ne me donnent aucune envie d’ajouter cette peine supplémentaire à leurs malheurs, moi qui passe à leurs yeux, et c’est l’une de mes conditions, pour l’un des seuls êtres qui s’en soit à peu près bien sorti. Cela leur donne un peu de force dans la vie, comment puis-je la leur retirer ? C’est un dilemme de ceux auxquels aucun psy ne croira.

Il faut, à tout pris, enferrer l’homme souffrant dans sa responsabilité. Il n’y a pas de justice en psychiatrie. On n’accorde aucun bénéfice du doute. On sait qu’au final, le souffrant sera considéré guéri lorsque sa plainte se sera tue et qu’il aura reconnu sa responsabilité. C’est ainsi que vit le mélancolique que je suis, mélancolique, donc, non reconnu. Mélancolique, ce n’est pas une posture esthétique, un regard sur soi-même. C’est un état. Considérez un instant ce regard permanent sur le monde comme derrière la vitre dépolie de Pessoa, cette impression d’être parti tout en sachant que l’on est là, ce souffrir avec les autres, pour les autres, et puis ne plus les aimer du tout d’être aussi souffrants, camper dans ce noir qui détourne les autres, les fait s’éloigner, partir, quitter, lassés. Considérer cette peine qui devient tout soi et qu’on ne peut pas confier, impossible.

J’ai voulu me soigner, j’ai voulu qu’on me soigne, tout cela a échoué. On me dit, souvent, que si je suis en vie alors c’est que j’en ai le désir. Je répondrai qu’on n’a pas compris. Que si je suis en vie, cela ne fait à mes yeux aucune différence avec la mort. Que simplement je n’ai ni désir de ceci ni désir de cela, que c’est vide, creux, sans désir sans rien, oui, difficile à comprendre. Etre mélancolique c’est être là, comme un Alzeimer. Avec des productions aléatoires et parfois spectaculaires, mais pas plus que chez les bien portants, oui car les bien portants existent, quand on est mélancolique et que l’on rêve de se réveiller, un jour, en ressentant du désir.

J’avance vers la fin de mes jours et mes jours retardent ma fin. Je les passe à regretter tout, d’être venu au monde, d’y être resté, de ne pas en avoir profité, de ne pas savoir les quitter, de ne rien savoir au fond, de n’être qu’une toile blanche sur laquelle tout glisse. Et rien ne me fait peur tant j’ai eu peur de tout. Sauf la beauté, ce qui pour moi est la beauté, lorsque je peux y voir le reflet de mon inaptitude à la supporter et qu’elle me rejette dans une ombre plus macabre encore. La mélancolie aura été ma vie, rien que ma vie, toute ma vie. Elle semble immortelle. Elle l’est.

Ecrit par un anonyme

http://www.recherche-clinique-psy.com/spip.php?article134#forum252

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Le Trouble Panique ... ou quand l'illusion fait peur !  (Symptomatiques) posté le dimanche 21 juin 2009 02:24


Envol des mots déposés par Vincent Caux, Psychologue clinicien, diplômé de l'université Paris-V.
Vincent Caux reçoit sur rendez-vous les adultes, enfants et adolescents, il pratique les thérapies comportementales (TCC) à Pantin (93500).


Définition du Trouble Panique
L’attaque de panique est une crise d’anxiété aigue dans une situation banale, souvent en public. La personne ressent une terreur intense et soudaine accompagnée de symptômes physiques perturbants (bouffées de chaleur, palpitations, essoufflement) et de pensées alarmistes (peur de mourir, de devenir fou…).

Bien que les attaques de panique surviennent habituellement de manière imprévisible, sans lien direct avec un contexte précis, la personne est envahie par la peur d’avoir une nouvelle crise : on parle alors de Trouble Panique.

Le paniqueur est en proie à des réactions physiques et psychologiques inadaptées au danger réel de la situation.
L’organisme réagit comme si il y avait une agression véritable, avec un risque vital : modification du rythme cardiaque, transpiration, tremblement, souffle coupé, vertiges,… Ces manifestations sont suivies de pensées envahissantes et terrifiantes : peur de mourir d’une crise cardiaque ou par étouffement, ou bien peur de perdre le contrôle de soi ou la raison.
Il est important de rappeler que ce "scénario catastrophe" ne se produit pas : les crises sont désagréables mais inoffensives.

Le Trouble Panique est très invalidant, car la crainte d’une récidive amène la personne à éviter les situations identiques ou proches de celles qui ont été associées à une attaque de panique.
Ainsi, dans le cas du Trouble Panique avec Agoraphobie, la personne commence par subir des attaques de panique qui vont la pousser ensuite à limiter ses activités ou ses déplacements (Agoraphobie).
Le comportement "d’évitement" tend à aggraver les difficultés et à rendre le trouble chronique.
Tous les domaines de la vie peuvent alors se trouver affectés.

Les causes du Trouble Panique ne sont pas encore bien connues, mais on considère aujourd’hui que des facteurs bio-psycho-sociaux interviennent dans le développement de cette pathologie (entre autres : troubles hormonaux, mécanismes cognitifs, période de vie difficile, …).

Le Trouble Panique avec Agoraphobie (TPA) est souvent diagnostiqué tardivement, car les personnes qui en souffrent en parlent peu, et les professionnels de la santé éprouvent parfois du mal à l’identifier.
Le TPA est souvent associé à des troubles dépressifs ainsi que des comportements addictifs (alcool, médicaments).


Critères Diagnostiques* du Trouble Panique
Période de malaise brutal, d’anxiété, intense et nettement délimitée.

Quatre des symptômes suivants apparaissent jusqu’à atteindre leur maximum en moins de dix minutes :

Palpitations, tachycardie,
Transpiration,
Tremblements ou secousses musculaires,
Sensations de souffle coupé ou impression d’étouffement,
Douleur ou inconfort thoracique,
Sensation d’étranglement,
Douleur ou gène gastrique,
Nausée ou gène abdominale,
Sensation de vertige, d’instabilité, de tête vide ou d’impression d’évanouissement,
Déréalisation (sentiment d’irréalité) ou dépersonnalisation (être détaché de soi),
Peur de perdre le contrôle de soi ou de devenir fou,
Peur de mourir,
Parasthésie (sensation d’engourdissement ou de picotements),
Frissons, bouffées de chaleur.


Les symptômes somatiques apparaissent donc sous la forme de syndromes ou malaises d’apparence :
Cardio-vasculaire,
Neurologique,
Digestive,
Syncopale.


Les attaques de panique sont imprévisibles : elles ne se produisent pas en relation directe avec l’exposition à un stimulus particulier. Subissant une attaque de panique à son paroxysme, le sujet peut éprouver des sensations de perte de contrôle (devenir fou), de mort imminente ou craindre de se conduire de manière anormale.

Lutter contre le Trouble Panique
Les Thérapies Cognitivo-Comportementales ou TCC (qui visent à modifier les comportements inappropriés et les pensées inadaptées) ont démontré leur efficacité dans le traitement du Trouble Panique.
La réintroduction progressive (on parle « d’exposition ») des situations évitées, la réappropriation des sensations physiques (prise de recul par rapport aux signaux redoutés et à leurs conséquences réelles), ainsi que l’apprentissage de la respiration contrôlée permettent de mieux maîtriser les réactions associées à la peur.
D’autres types de thérapies peuvent être pratiquées, la plus connue étant l’analyse ou psychanalyse (qui vise à identifier des causes dans le passé).

Les symptômes du Trouble Panique peuvent être soulagés efficacement par un traitement antidépresseur, notamment de la classe des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine. Un traitement anxiolytique peut également être prescrit.

Votre médecin généraliste pourra vous orienter vers un médecin psychiatre ou un psychologue clinicien susceptible de vous aider (seuls les médecins sont habilités à prescrire des médicaments).

La pratique d’une technique de relaxation (yoga, sophrologie,…) et de certains sports (natation, jogging,…) est également indiquée.
Quelque soit la technique choisie, elle permettra de mieux maîtriser les tensions et d’acquérir des réflexes facilitant la détente, voire le sommeil.

Les groupes de parole peuvent s'avérer très efficaces dans le traitement de l'anxiété. Le soutien apporté par la rencontre de personnes vivant les mêmes difficultés et par l'échange de suggestions sur les moyens de les affronter favorise la mise en place d'un comportement plus dynamique face à son trouble.

Dans tous les cas, s’impliquer, par une attitude active, dans le combat quotidien contre l’anxiété portera ses fruits !


Rédaction :
Myriam Goupil, octobre 2006.
Avec l’aimable collaboration de Benoît Monié, psychologue clinicien (Toulouse).

Sources bibliographiques :
* Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV - American Psychiatric association). Traduction française, Paris, Masson, 1996, 1056p
Documentation des Associations Revivre et AFTA.
Article de la psychologue Aurore Gérard (Santé Mentale Belgique).
"Surmontez vos peurs : vaincre le trouble panique et l'agoraphobie", Jean-Luc Emery (Odile Jacob).

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Apprendre pour mieux comprendre  (Symptomatiques) posté le samedi 13 juin 2009 13:39

Géraldyne Prévot, psychothérapeute, conseil en développement personnel et hypnose, propose :

Apprendre pour mieux comprendre

Cet atelier va vous permettre de vous familiariser avec certains concepts de Psychothérapie. Ceci dans le but de devenir un patient partenaire et non un patient passif.

Ces concepts vous seront présentés sous une forme ludique et accessible.

Ce groupe n’est pas un groupe de thérapie à proprement parlé mais il s’inscrit dans une démarche pédagogique permettant de comprendre les mécanismes en action dans une psychothérapie.

Certains thèmes pourront soulever des questions ou bien libérer la parole.

Bien que cet atelier ne soit pas une thérapie de groupe, il s’inscrit tout de même dans le cadre d’une thérapie et l’évocation de certains sujets nécessitera de laisser l’espace d’expression.

Chaque thème sera suivit d’une expérimentation seul, à deux ou en groupe.

Nous prendrons donc le temps pour :

* L’expérimentation
* La parole
* La réflexion
* Le partage
* L’introspection

Certaines prises de conscience pourront alors émerger et vous pourrez les poursuivre dans votre processus thérapeutique.

Thèmes proposés pour le dernier semestre 2009 :

* Amour et dépendance
* Des croyances limitantes aux croyances aidantes
* Transfert Contre-transfert
* Blessures d’enfance


Horaires : 19H15 - 22h00

Tarifs : 50 euros par soirée et par personne ou 175 euros (au lieu de 200) pour les 4 mois.

Nombre de personnes : 10 -12

Lieu : 26 rue de l'Etoile 75017 Paris
Métro : Charles de Gaules Etoiles (ligne 1) ou Ternes (ligne 2)


Merci de prendre contact avec Géraldyne Prévot-Gigant
avant toute inscription : 06 13 22 06 67
Consulter son site

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Combattre le stress dès l'enfance  (Symptomatiques) posté le samedi 30 mai 2009 02:18


Source : CyberPress.ca

Les dernières avancées en neurosciences montrent qu'intervenir auprès des enfants défavorisés permettra d'éviter des sommes énormes en soins et en coûts de santé et de société, affirme une neuropsychologue montréalaise dans la prestigieuse revue Nature Neuroscience Review. Contrairement au stress qui survient à l'adolescence ou à l'âge adulte, celui qu'éprouvent les enfants pauvres ou soumis à des abus peut être contrebalancé parce que leur cerveau a encore la capacité de s'adapter.

«Si on prend des abus survenus avant ou après 12 ans, par exemple, les effets sur le cerveau sont différents», dit Sonia Lupien, qui dirige le Centre d'études sur le stress humain de l'Université de Montréal. «Les enfants sont par la suite plus susceptibles à la dépression, et les adolescents sont plus vulnérables au syndrome de stress post-traumatique. On peut même pense qu'on arrivera à dater les épisodes d'abus en observant quelles parties du cerveau sont plus ou moins atrophiées.»

La principale avancée théorique proposée par la neuropsychologue, qui a passé les derniers 18 mois à lire les dernières études sur le sujet, est que le stress a des effets différents selon l'âge. «Quand le cerveau est en changement, à l'enfance et au troisième âge, la structure va changer, dit Mme Lupien. À l'adolescence et surtout à l'âge adulte, le cerveau va s'adapter.» En d'autres mots, il faudra beaucoup plus de stress pour causer des dommages permanents au cerveau adulte, mais une fois qu'ils sont survenus, le cerveau est moins capable de s'autoréparer que celui des enfants. Chez les personnes âgées, le stress accélère le déclin, peut-être irrémédiablement.

«Chez les personnes âgées, on peut penser que des programmes de support social et de soutien cognitif pour limiter l'isolement et ses effets permettront de ralentir la dégradation du cerveau, dit Mme Lupien. Chez les enfants, des programmes à l'école qui soutiennent les professeurs prenant certains enfants sous leur aile, ou des programmes de sport, pourraient augmenter le volume de l'hippocampe, qui est affecté par le stress de la pauvreté. Une étude a montré que dans les familles d'accueil qui ont suivi une formation de dix semaines, le niveau d'hormones de stress des enfants a diminué significativement. On ne parle pas nécessairement d'interventions de plusieurs années.»

Le rôle et l'identité sexuels entre aussi en ligne de compte. «Les filles ont plus de risque de dépression, les garçons d'autisme, dit Mme Lupien. Je ne pense pas que ce soit dû uniquement aux chromosomes, il doit y avoir un lien avec l'identité sexuelle. On peut penser que la dépression est à la base aussi fréquente chez les femmes que chez les hommes, mais que les symptômes sont différents. Les hommes vont moins admettre la dépression, ils vont attendre d'être à bout, et vont faire quelque chose d'irréparable, un acte violent par exemple.»

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Pédophilie : le crime moral est aussi un crime biologique ...  (Symptomatiques) posté le samedi 23 mai 2009 23:27

 

Article de Vincent Caux, psychologie clinicien.
23 mai 2009

Déjà en 2007, deux études avaient montré que le taux de suicide des personnes ayant été abusé dans l'enfance était deux fois supérieur à celui de la population non atteinte (cela n'étonnera personne, je penses).

Mais au-delà des explications "psychologiques" de ce phénomène, il existe de probables causes biologiques.

Un article de recherche (P. MacGowan & al. "Epigenetic Régulation of the glucocorticoid receptor in human brain associate with chilhood abus." Nature and neuroscience, vol 12 p. 241, 2009) met en lumière les faits suivants :

- il existe une altération biologique du systéme de résistance au stress chez la plupart des personnes ayant un passé d'abus sexuel. En réalité, certains gênes qui s'occupent des récepteurs de glucocorticoïdes (ce sont des sortes de "freins" naturels" du stress) sont altéres (il sont "méthylés"), probablement en raison des effets d'un stress extrêmement intense et prolongé. Donc, le cortisol (hormone du stress) est libéré en permanence chez les enfants ayant subis ces atteintes. Le cortisol a lui-même une influence sur les neurones qui régulent la production d'une hormone nommée sérotonine (elle baisse en dessous de la normale). Or cette hormone protége contre la dépression et l'impulsivité. Cela favoriserait nettement le risque de suicide chez les victimes (ce qui ne veut pas dire - heureusement - que cela soit inéluctable).

Conclusion "En se livrant à de tels actes, les pédophiles modifient la chimie du cerveau de leurs victimes, et ces modifications persistent toute la vie" (Cerveau & Psycho, mai 09).

Ce n'est pas trés encourageant, je vous le concède, mais en y réflechissant de plus prés, c'est une preuve supplémentaire de l'extrême importance du phénomène pour les politiques et décideurs qui, souvent, envisagent les abus comme un "phénomène de moeurs" et non pas comme un gigantesque problème de santé. Ce qui est pourtant le cas !!! (sachant que le taux de victime dans la population générale varie de 10 à 20 % selon les statistiques).

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